La ville portuaire est un mélange d’héritage k. u. k., de romantisme vénitien et de sérénité méditerranéenne moderne. Entre la culture des cafés, les palais néoclassiques et les larges vues sur l’Adriatique, se déploie un art de vivre aussi urbain que poétique. Trieste est considérée comme la « ville d’Europe centrale la plus italienne » – un lieu où l’élégance viennoise et la sensualité italienne s’unissent en un mélange incomparable.
Depuis le 18e siècle, Trieste était la porte de la monarchie des Habsbourg sur la mer Adriatique – et s’est rapidement développée pour devenir l’une des villes les plus riches d’Europe centrale. En témoignent aujourd’hui de magnifiques bâtiments comme le Teatro Verdi, le Caffè degli Specchi ou l’hôtel de ville monumental de la Piazza Unità d’Italia, le plus grand forum urbain d’Europe situé en bord de mer.
Sur le plan architectural, Trieste allie classicisme, historicisme et Art nouveau – la ville est comme un musée en plein air de l’architecture impériale autrichienne. Ces dernières années, des architectes comme Giovanni Damiani ou Elisa Barbetta ont donné de nouvelles impulsions : revitalisation d’anciens entrepôts dans le quartier du port, transformation d’entrepôts en lofts, utilisation durable d’anciens sites industriels.
Le quartier de Porto Vecchio est particulièrement passionnant : l’ancien site du port douanier est transformé depuis 2019 en un quartier urbain moderne – avec des musées, des ateliers et des appartements, sans perdre son caractère industriel. Trieste investit ici plus de 150 millions d’euros dans la transformation en un quartier durable qui replace la mer dans le quotidien des habitants.
Habiter dans la diversité
Vivre à Trieste est aussi varié que la ville elle-même. Dans les appartements historiques anciens autour du Grand Canal, on trouve des parquets, des portes à battants et des plafonds décorés de stuc – des reliques de l’époque impériale, souvent combinées avec le design italien.
De nombreux Triestins aiment le mélange : les antiquités familiales côtoient les meubles minimalistes, les vieilles commodes les lampes de Flos ou de Kartell. La jeune génération s’installe dans des lofts rénovés dans l’ancien quartier du port ou sur les collines surplombant la ville, où l’on vit dans des maisons avec de grandes terrasses, des pièces lumineuses et une vue sur la mer.
La durabilité joue également un rôle ici : des volets à la place de la climatisation, de la pierre naturelle, du bois et du lin. Le style de Trieste est élégant, discret et pourtant émotionnel – comme un espresso au bord de la mer par temps calme.
Les 3 plus belles constructions architecturales de Trieste
1. Piazza Unità d’Italia
Avec une superficie de 12.000 m², c’est l’une des plus grandes places d’Europe, construite directement sur la mer. Encadrée par des palais datant de l’époque de Marie-Thérèse, dont l’hôtel de ville avec sa majestueuse façade.
2. Castello di Miramare
Construit de 1856 à 1860 pour l’archiduc Ferdinand Maximilien d’Autriche. Calcaire blanc, terrasses avec vue sur la mer Adriatique, un parc de 22 hectares. Aujourd’hui musée et symbole de la ville.
3. Teatro Verdi
Un joyau néoclassique du 18e siècle, construit sur le modèle de la Scala de Milan. Intérieur richement doré, 1.300 places assises – le cœur musical de Trieste.

Les plus belles librairies d’occasion & marchés aux puces
1ère Libreria Antiquaria Umberto Saba
Via San Nicolò 30
Probablement la librairie d’occasion la plus célèbre d’Italie, fondée en 1919 par l’écrivain Umberto Saba. Livres, gravures, partitions – un lieu qui sent bon l’histoire.
2ème Mercatino dell’Usato Trieste
Via Sistiana 52
Un vaste marché de meubles vintage, de luminaires, de vaisselle et de curiosités – de l’Art nouveau au Bauhaus, idéal pour les collectionneurs et les amateurs de décoration.
3. Antiqua Trieste
Une fois par an au printemps, à Porto Vecchio. Environ 200 exposants présentent des meubles anciens, des cadres, de la porcelaine et des objets de collection – l’événement antique le plus important du nord-est de l’Italie.
Culinaire & Gourmandise à Trieste
La cuisine de Trieste est le reflet de son histoire : Les pâtisseries viennoises (il y a aussi un café Sacher dans la ville), les plats de poisson vénitiens et les influences slaves s’unissent ici sur une même carte. Si l’on veut vraiment comprendre la ville, il faut goûter à ses tavernes et à ses osterias.
1ère Osteria Salvagente
Via dei Burlo 1
Authentique, maritime, sans prétention. Le chef Paolo Bertossi sert des moules, des gnocchi alla busara et du poisson fraîchement pêché – le tout fait avec le cœur et la main.
2. la Trattoria Nero di Seppia
Via Cadorna 23
Une institution depuis plus de 20 ans : des fruits de mer dans des variations raffinées, des pâtes faites maison, des desserts à faire fondre. Particularité : la dégustation de desserts avec cinq mini-créations.
3. Tavernetta al Molo (Grignano)
Riva Massimiliano e Carlotta 11
Situé à quelques kilomètres en dehors, directement au bord de la mer. Ambiance port de pêche, dorade grillée, vin blanc du Karst. Coucher de soleil inclus.
4. la Trattoria Bell’Ariva
Santa Croce Mare
Petite terrasse au-dessus des falaises, délicieux calamars ripieni et pâtes à la bottarga. D’ailleurs, c’est aussi un conseil secret des locaux.

Trieste, la ville du café au bord de la mer
Mais Trieste n’a pas que des choses à offrir sur le plan culinaire, l’or noir détermine également l’actualité : En tant que principal port de café des Habsbourg puis de l’Italie, Trieste a développé sa propre grammaire de l’espresso, qui ne sonne aussi naturellement dans aucune autre ville : un espresso s’appelle « nero », un macchiato simplement « capo », et celui qui le veut dans un verre commande « capo in b » – le « b » signifie bicchiere et est une petite affirmation triestine contre le reste de l’Italie. Cette terminologie vit encore aujourd’hui, car les cafés sont restés ici de véritables institutions sociales : Des lieux où les journaux bruissent le matin, où les hommes d’affaires se tiennent au comptoir à midi et où les étudiants sont penchés sur des manuscrits l’après-midi. C’est pourquoi Trieste est souvent décrite comme la capitale italienne du café – non seulement en raison des grands torréfacteurs, mais aussi parce que le rituel du café rythme la journée comme une horloge silencieuse.
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