Manque d’énergie après le déjeuner, fringale le soir, problèmes de concentration au travail – alors que la nuit a été suffisamment longue ? De nombreuses personnes vivent presque quotidiennement cette alternance de pic de performance et de chute soudaine. Souvent, ce n’est pas un manque de sommeil aigu qui en est la cause, mais peut-être un taux de glycémie déséquilibré.
Le Dr Philipp Sabanas, médecin généraliste et directeur du Doctorum 2 à Vienne, explique dans une interview pourquoi le glucose, vecteur central d’énergie dans notre corps, réagit de manière plus sensible que nous ne le pensons, pourquoi de fortes variations favorisent la fatigue, l’irritabilité et les fringales – et quelles mesures adaptées au quotidien aident réellement à stabiliser durablement l’énergie, la concentration et l’humeur.
Dr Sabanas, qu’entend-on exactement par glycémie et quelle fonction remplit-elle en tant que fournisseur d’énergie dans le corps humain ?
D’un point de vue médical, la glycémie – c’est-à-dire le glucose – est le principal vecteur d’énergie de notre corps. Chaque cellule dépend précisément de cette énergie : le cerveau, le système nerveux, la musculature. Le besoin en glucose augmente en fonction des besoins énergétiques, par exemple en cas d’effort physique ou de travail intellectuel intense. Sans glucose, la survie serait impossible.
Pourquoi un taux de glycémie aussi stable que possible est-il si décisif pour notre bien-être quotidien, nos performances et même notre humeur ?
Les fortes fluctuations entraînent des chutes d’énergie rapides. Cela se traduit par des troubles de la concentration, de l’irritabilité, une baisse des performances et des fringales. Les taux d’insuline élevés suivis d’une glycémie basse sont particulièrement problématiques – cela déclenche de véritables fringales. En revanche, une glycémie stable garantit une énergie régulière, une clarté mentale et des performances physiques.

Quels sont les processus qui contrôlent la régulation de la glycémie au quotidien et pourquoi tant de personnes sont-elles aujourd’hui sensibles aux variations ?
La régulation est assez complexe, pour simplifier, deux hormones jouent le rôle principal : l’insuline et le glucagon. L’insuline fait baisser la glycémie en permettant aux cellules d’absorber le glucose. Le glucagon agit de manière opposée et augmente la glycémie en libérant du glucose du foie. Les hormones de stress telles que le cortisol et l’adrénaline interviennent également dans la régulation. Il est facile d’expliquer pourquoi tant de personnes sont plus sensibles aujourd’hui : les causes sont principalement la consommation élevée de sucre, les produits à base de farine blanche, les collations fréquentes, le stress chronique, le manque d’exercice et le manque de sommeil. C’est ce que je constate chez de nombreux patients et patientes.
À partir de quelles variations parle-t-on de déséquilibre – et comment celui-ci se manifeste-t-il concrètement ?
Après un repas, la glycémie devrait augmenter lentement et redescendre lentement en l’espace de trois heures environ. C’est physiologiquement normal. Nous parlons de déséquilibre lorsque la glycémie augmente très rapidement et redescend tout aussi rapidement. Les conséquences typiques sont des fringales, des tremblements, une perte de concentration, de la fatigue et de l’irritabilité. Ces symptômes sont souvent liés à l’alimentation, mais ils sont également renforcés par le stress et le manque de sommeil.
Quel est le rôle des glucides rapidement disponibles, du sucre et des aliments fortement transformés dans la fatigue chronique ?
La consommation de sucre a massivement augmenté au cours des 100 dernières années. Autrefois, les sucreries étaient consommées lors d’occasions spéciales – par exemple à Noël ou pour les anniversaires. Aujourd’hui, le sucre est présent pratiquement partout, même dans des produits dans lesquels on ne le soupçonnerait pas. L’industrialisation a largement contribué à ce phénomène. Cet apport élevé et durable agit presque comme une drogue. Parallèlement, nous constatons une énorme augmentation du surpoids et de l’obésité. La disponibilité permanente et la consommation élevée favorisent les fluctuations de la glycémie – et donc la fatigue chronique.
Pourquoi de nombreuses personnes connaissent-elles la déprime typique de l’après-midi ?
Un déjeuner très riche en glucides peut entraîner une forte augmentation de la glycémie. En combinaison avec un repas copieux, il se produit alors le fameux « coma de midi ». La glycémie augmente rapidement et redescend ensuite rapidement – il en résulte de la fatigue et une baisse des performances.

Quelle est l’importance des protéines, des graisses et des fibres pour une glycémie stable – et existe-t-il des valeurs indicatives praticables ?
Une alimentation équilibrée est essentielle. Toutes les graisses ne se valent pas – les graisses de qualité sont saines et importantes pour le corps. Les valeurs indicatives pratiques pour un repas peuvent être d’environ 20 à 30 grammes de protéines, combinées à des quantités modérées de glucides – idéalement sous forme de légumes ou de variantes riches en fibres. Les fibres favorisent une augmentation plus lente de l’insuline. L’objectif est d’obtenir une évolution modérée de la glycémie, sans excès.
Dans quelle mesure l’exercice physique influence-t-il le taux de glycémie immédiatement après le repas ?
L’exercice physique est extrêmement efficace. Dix à vingt minutes de marche après le repas peuvent déjà faire beaucoup. Monter les escaliers ou faire une promenade suffit amplement – il n’est pas nécessaire de courir un marathon.
D’un point de vue médical, qu’est-ce qui aide durablement à lutter contre la fatigue permanente ?
Il s’agit toujours d’une combinaison de plusieurs facteurs : une alimentation équilibrée, un rythme alimentaire régulier, une activité physique suffisante ainsi qu’une gestion cohérente du stress et du sommeil. En stabilisant ces domaines, on crée la base d’un taux de glycémie équilibré – et donc d’une plus grande énergie au quotidien.
Notre expert

Le Dr Philipp Sabanas est un médecin généraliste américano-autrichien et partenaire principal de Doctorum2 à 1020 Vienne. Ce centre de soins primaires a ouvert ses portes en janvier 2025 sous la direction du Dr Sabanas et du Dr Roman Spitzmüller et propose des soins de médecine générale complets. Le Dr Sabanas accorde une importance particulière aux conseils nutritionnels et au soutien de ses patients dans le cadre de régimes alimentaires.
Site web: https://www.doctorum2.at
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